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  • Air 2010

    Mar 24 2010, 2h43

    Mon 22 Mar – Air, AM
    Xavier PROULX

    Le duo versaillais AIR était de retour dans la métropole hier soir pour fouler les planches du Métropolis, mais surtout pour défendre leur nouvel album Love 2 lancé en septembre.


    Primo : AIR a diablement bien défendu ce nouvel album dans ses versions live.

    Deuxio : Plus que jamais AIR s’impose comme un groupe phare de la musique électronique moderne, et chaque concert qu’ils présentent ne fait que renforcer cette position, malgré ce que les mauvaises langues pourront affirmer.

    En bref, Air c'est Air. Ainsi pourrions-nous résumer cette musique. L'électronique old school se fait de plus en plus rare. Or, Air représente la relève de l'électro. Les vieux noms tels que Jarre ou Oldfield déclinent peu à peu. Le groupe Air a su se réinventer depuis 1996 et son Moon Safari. Réalisant au passage la bande sonore de The Virgin Suicide de Sofia Copolla ou collaborant avec Charlotte Gainsbourg, ces Français ont su imposer leur son sur la scène électronique internationale. Tellement qu'ils incarnent malgré eux ce qu'on nomme le french touch, ce courant de musique minimaliste, emplis d'une fascination des années soixante, ou plutôt ce génie incommensurable qui caractérise l'électro français.

    C'est alors que surgissent les hallucinations roses nananes et l'odeur du plastique rouge usiné. Oui, Air est kitch. Oui, les paroles sont aussi inoffensives qu'un bébé de six mois dansant sur de la musique d'ascenseur. C'est la french touch. Air c'est cette fascination de pouvoir, pour une fois, mettre de côté le conformisme de ce monde, de respirer la légèreté qui caractérisait cette époque révolue d'insouciance. Ainsi, l'auditeur se laissera volontiers bercer par une nappe de Solina phasée, englobé d'un son de basse minimaliste... On aime ou on n'aime pas. En ce qui me concerne, jamais de par mes évolutions musicales récentes je ne me serai autant identifié à ce courant inventif et tout simplement brillant qu'Air contribua à populariser. Unique au monde.



    Si le nouvel album Love 2 pouvait en laisser certain perplexes quant à la facilité des compositions mises de l’avant, ils auront été totalement déboutés par l’incroyable prestation qu’Air livra au public montréalais hier soir. Nouvelles pièces et anciens tubes se côtoyaient dans une harmonie absolument ravissante, parfaitement juxtaposées. Ces nouveaux titres, qui semblaient tout de même plutôt fades sur album, ont pris vie hier soir, tout en couleur par les éclairages savamment mis de l’avant. Absolument chacune des pièces jouées avait sa raison d’être… quand on dit que tout, absolument tout était magnifique.

    Plus sûr d’eux - et comment ne pas l’être lorsqu’on constitue à soi seul l’une des plus grande réussite de la scène française à l’étranger - qu’il y a deux ans, les deux acolytes d’Air, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, parés de leur habits blanc, semblaient ravis de retrouver Montréal, se rappelant sans nul doute l’accueil triomphal du concert de 2007. Les éclairages se sont bonifiés, des écrans vidéo ayant été disposés à l’arrière. Ainsi, le spectateur électrophile pouvait maintenant voir le son produit par Air, propulsé par une sorte d’oscilloscope géant. Quel bonheur que d’entendre ces vieux synthétiseurs oubliés reprendre vie devant nos yeux.



    Tous ces fans n’étaient pas en reste puisque toutes les pièces majeures du répertoire n’ont pas été oubliées. Citons la merveilleuse Highschool Lovers qui terminait de faire liquéfier la foule de bonheur tout de suite après avoir entendu Cherry Blossom Girl! Notons aussi l’insertion de pièces plus obscures de leur répertoire comme How Does It Make You Feel, une extraordinaire pièce expérimentale chantée au vocoder.


    Le rappel était déchainé. Le son était pur et cristallin. Une profonde nappe de basse bien vibrante enveloppait notre âme. Tout était réglé au quart de tour. Tout avait été fait en sorte afin de produire le meilleur spectacle humainement concevable. Et ce pari a été relevé avec brio. Air remonta sur scène. Les nappes éthérées étaient de retour, liquéfiant nos cœurs en même temps que La femme d’Argent, tombante pour un Sexy Boy pour lequel nous chantions les paroles women, women, make me feel warm inside. Nous étions là hier soir, et nous serons là encore et encore si AIR daigne nous en faire l’honneur.



    Air
  • Radiohead au Parc Jean Drapeau: Transcendance et arc-en-ciel !

    Ago 11 2008, 12h37

    Wed 6 Aug – Radiohead, Grizzly Bear
    Radiohead


    Les journaux en ont parlé et reparlé. Ce mercredi 6 Août sera une date à garder en mémoire. Une date où on pourra raconter, bien plus tard, que "nous y étions". C'est que le groupe Radiohead peut se targuer d'être le plus influent et respecté gardien du rock contemporain. Sans contredis le meilleur groupe rock du siècle. Le chanteur Thom Yorke et ses acolytes approchent la musique d'une manière scientifique, enfermés dans leur laboratoire secret d'Angleterre. Ils n'en sortent que pour présenter, très rarement, les résultats de leur expériences le temps d'un concert et de très rares albums.



    Imaginez la chance de voir Radiohead en concert à Montréal ce fameux 6 août dernier. À 15 mètres de moi, j'étais témoin d'un des meilleurs concerts de ma vie. C'est qu'ils sont coriaces les fans de Radiohead. Bravant la pluie, la boue, et ce après plus de de 8 heures d'attente ! Un arc-en-ciel se pointe dans le ciel lourd de la métropole. A Rainbow for Radiohead ! ! Le décor est un vaisseau spatial futuriste. Dans son cocon de lumière, Thom Yorke nous fait oublier nos pieds endoloris et nos habits transis. Nous avons devant nous un rêve. Une expérience véritablement transcendante.

    Le dernier passage de Radiohead à Montréal était en 2006 à la Place des Arts. Avec des billets vendus en 4 secondes, difficile pour le commun des mortels d'y assister. Pas cette fois. Plus de 35 000 personnes étaient présents mercredi dernier. Le rythme déjanté de 15 steps ouvrit le bal. Tout le monde en eut pour son compte. La plupart du nouvel, et extraordinaire album, In Rainbows a été joué sur scène. Mais les plus grand succès tels Optimistic, Karma Police et autres chef d'oeuvres n'ont pas été oubliés. Reckoner me donna les larmes aux yeux. À mon avis, cette pièce musicale la plus marquante des dernières années se prête encore mieux en concert. Et surtout en concert extérieur. La voix de Thom Yorke semblait souffler un jet de ouate cotonneux, et l'écho naturel de la nature n'a fait que sublimer ce chef d'oeuvre, cette voix divine tout simplement magique. Jamais un groupe de musique rock n'aura suscité aussi grande émotion.



    Pour le rappel ? Deux spectacles pour le prix d'un. À 22h00 les feux d'artifices de la Ronde se sont mis de la partie. Contrairement à ce que le (mauvais) journal La Presse affirmait dans sa critique, les feux d'artifice n'ont fait que rajouter une couche d'émerveillement sur ce concert déjà intemporel. Pas de dérangement, pas de plaintes à avoir. Thom Yorke de rajouter "Tant qu'à faire des deux d'artifice, aussi bien les faire sauter à la fin du concert". Profond contraste de mélancolie acoustique sur un canevas festif fourni par ces feux d'artifice.

    Johnny Greenwood, le bidouilleur de son, enjoliva le tout avec ses solos électroniques et de guitare, allant même jusqu'à inclure un échantillon de la voix de Gilles Proulx en guise d'introduction à The National Anthem. Le chanteur d'Arcade Fire était présent dans la foule. Parions que cette introduction était son idée.

    C'est après ce concert d'une incroyable générosité que nous sommes revenu les deux pieds sur terre (et sur boue). Faire sortir 35 000 personnes d'une île de rêve au beau milieu du fleuve n'est pas une mince tâche. Qu'à cela ne tienne. Nous avions tout notre temps pour finir de rêver.

    Radiohead au Parc Jean Drapeau en ce 6 Août 2008: le plus beau concert jamais vu par mes yeux. Épique, transcendant, grandiose, à en être sans voix.

    Les photos du concert.

    Texte & Photos: Xavier P., pour Derechef.ca
  • Pierre Lapointe - Mutantés: délirante tragédie spatiale

    Ago 2 2008, 4h25

    Fri 1 Aug – Pierre Lapointe: Mutantés

    L'an dernier, quasi à pareille date j'écrivais à chaud mes impressions au sujet du grand concert extérieur que donna Pierre Lapointe, accompagné de l'Orchestre Métropolitain du grand Montréal, sur l'esplanade de la Place des Arts. En guise de cadeau à ce festival chéri des montréalais, Pierre Lapointe présente hier, aujourd'hui et demain une création à saveur psychédélique tout droit sortie des rêves les plus fous. D'emblée présenté comme une sorte de pastiche à la Tim Burton, où toute lumière est réflexion, comme le reflet de l'âme sur le sol jonchant ses restes, ce concert s'avère plutôt une véritable tragédie. Une tragédie dans le sens Grec du terme, mais tentée d'une saveur rétro futuriste complètement éclatée.
    Pierre Lapointe est accompagné sur scène de 13 danseurs, formant un moule émotif autour de sa personne. Ceux-ci semblent flotter sur scène autour d'un Lapointe tout droit sorti d'un rêve psychédélique. La mise en scène de Claude Poissant est magistrale. Tout simplement grandiose. Les personnages flottent au dessus du néant. Les musiciens de scène sont époustouflant en mélangeant les registres et les références. D'une introduction électronique jusqu'à un froid cri strident d'un violon. On en retient même un peu l'impression que ce concert est surtout un exercice de stylistique scénique. Une sorte de ballet cosmique, une sorte de rêve spatial qui prend place devant nos yeux. La musique apparaissait secondaire dans cet état d'esprit tellement l'élégance de la mise en scène sublimait tout. La qualité est irréprochable. Réflexions sur le sol, effets d'espace, lumières, piano à queue noir en silhouette. Toute la scène respire l'élégance même.

    Par respect pour les spectateurs à venir et pour conserver la sensation d'intemporalité de ce concert, les détails sur ces chansons ne seront pas révélés ici. Sachons toutefois que ce concert constitue un showcase déguisé. Lapointe présente ses pièces à un public restreint. Disons seulement qu'une majorité du nouveau répertoire, ô précieuse marchandise, est composé au piano sous forme de balades mélancoliques. Un peu comme un hymne chanté aux étoiles. Pierre Lapointe nous invite dans son vaisseau spatial avec lui. La scène s'illumine, les étoiles scintillent de partout, et nous sommes témoins d'un véritable ballet cosmique emprunté à Star Trek. Une porte lumineuse franchie, on entre de plein pied dans le cerveau de Pierre Lapointe. Les coeurs soutiennent la prestation de façon détachée, sans jamais gêner le contact direct avec le public.

    "Je reviendrai" et "au bar des suicidés" volent la vedette. Nous ne serons jamais plus qu'un amas de chair face à sa douleur. La porte est ouverte. À nous d'entrer de plein pied en ces lieux complètement délirants et incroyablement stylés. Émouvante soirée où on revient sur terre le coeur encore vibrant de l'écho du coeur grec, dont le saut dans le néant de l'arrière scène dépeint à lui-seul le suicide des suicidés. Pierre Lapointe aura réussi à transvider son âme à une salle entière.

    Les nouvelles chansons, plus épurées musicalement que La Forêt des Mal Aimés sont lourdes de douleur et d'émotivité. Sentiment amoureux, rejet, on sent une importante remise en question existentielle dans les pièces. Il faudra définitivement les écouter sur un album pour réussir à décanter toute leur signification. Les voir en spectacle ne peut permettre que d'effleurer leur profondeur.

    Mutantès, à la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts: tout simplement tragique.
  • Radiohead In Rainbows: le chef d'oeuvre pour lequel je payai trop peu.

    Out 12 2007, 1h29



    Prenant tout le monde par surprise, le mythique groupe Radiohead a lancé son album In Rainbows ce mercredi. Non content d'être possiblement le band le plus imagninatif de cette dernière tranche de siècle, la bande à Thom Yorke a même réussi à nous faire plonger dans la réflexion, comme si la mélancolie du genre musical ne suffisait pas. En effet, le groupe court-circuite les canaux de distribution traditionnels. Sans contrat depuis la fin de leur entente avec EMI, Radiohead a choisi de distribuer eux-mêmes les précieux 1 et 0. L'acheteur, tout honnête qu'il soit, a donc le choix du prix d'achat. Radiohead lance la réflexion suivante: Combien la musique vaut-elle ? 20$, 10$, 0$ ? Une expérience sociologique des plus intéressantes.

    L'album comme tel ? Du Radiohead. Rien à dire. Le sommet de leur art ? Probablement. Le futur ? Éclatant. Un album emplie de mélancolie, mais également lumineux. Un arc-en-ciel où chaque auditeur exprime sa joie depuis mercredi, chouchoutant particulièrement une certaine pièce de l'album. Une pièce préféré différente pour un auditeur et un auditeur pour chaque pièce. C'est le règne de la diversité et du choix, mais jamais de déchirures dans la (sublime) cohésion de l'album.

    J'ai toujours eu comme habitude d'affirmer qu'un album de Radiohead se déguste par strates. Chaque strates renferme une opinion et libère une appopriation de l'oeuvre nécessaire pour passer à l'étape suivante. In Rainbows n'est pas une exception à cette règle. En effet, dès l'ouverture et 15 Steps, on reprend là où The Eraser, l'album solo de Yorke, nous avais laissé. Un drum n' beats musclé avec un ton plutôt caractéristique de cet album solo. Plus l'album progresse, plus on s'éloigne de cette impression de déjà-vu, mais à la fois on se sent également en terrain connu ; comme si le nouveau son de Radiohead avait toujours fermenté quelque part dans notre subconscient musical. Comme si ce son avait toujours été connu. Dès lors, ce phénomène est déjà une illustration évidente de génie.

    Le coeur de l'album est sublime. Chaque personne y trouve sa pièce préférée. Pour moi ce sera Reckoner. Cymbales entraînantes mais pourtant noyées de mélancolie, basse typiquement Radiohead, et la voix de Yorke qui donne le frisson. Poignant.

    On termine tout doucement avec Jigsaw Falling Into Place et sa guitare accoustique ( bien dièse ! ) et ses coeurs assurant là-aussi une ambiance lourde et épique.

    Mon seul regret dans toute l'histoire ? Avoir téléchargé l'album pour 0$. Ce dernier sera en vente à la fin de l'année sous forme de boitier renfermant une version vinyl. C'est à prix d'or que je paierai ce précieux coffret et où je pourrai dire que c'est à l'écoute sur vinyl que Radiohead atteint la perfection. Car elle existe depuis mercredi.

    **** 1/2
  • Deux Par Deux Rassemblés

    Ago 11 2007, 3h27



    Pierre Lapointe n’est homme à vouloir se publiciser à outrance. N’est pas là une raison pour ne pas tenir des projets grandioses. Le concert de clôture des FrancoFolies de Montréal auquel j’ai assisté hier soir est la meilleure chose qui pouvait arriver à ce festival.

    C’est accompagné de tout l’Orchestre Métropolitain du grand Montréal, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin que Pierre Lapointe s’est lancé sur la scène hier. Un tableau magistral, encensé d’ombres et lumières, qui, pour une fois, donnaient juste reflet de sa poésie torturée. Pierre Lapointe en spectacle ? Oubliez les relents noirs que sa voix emprunte. Oubliez le spleen caractériel de l’homme. Non, ce concert était plutôt imprégné d’une véritable folie dansante. Car Pierre Lapointe est un showman. Un véritable amuseur de groupe, qui sait manier avec élégance et berceuse son public. Dansant, gesticulant, taquinant, c’est visiblement heureux qu’il contribua à célébrer la grande messe commune d’hier soir.


    Pierre Lapointe, c’est le Français pur et noble de la poésie. Il était émouvant d’être témoin de ce grand silence, laissant parler cette musique qui nous berce et nous libère, deux par deux rassemblés. Les gens écoutaient, les couples se berçaient, sous un torrent de poésie et de mots purs. Les paroles étaient sues, chantées, murmurées, telle une grande messe de ces mots qui, à coup sûr, dépeignent pour chacun un petit univers de songes.
    Les Montréalais étaient beaux à voir ce soir-là. Du Français pur, exempt de toutes arrières pensées, chanté et dansé par tous à l’unisson. Voilà pourquoi ce spectacle était la meilleure chose que les FrancoFolies pouvaient organiser pour rallier les gens. Pierre Lapointe représente l’icone par excellence de ce festival. Rassembleur, charismatique, mais surtout le plus noble représentant de la poésie québécoise actuelle.



    Une véritable bête de scène ce Pierre Lapointe. Les arrangements de son dernier album, La Forêt Des Mal Aimées étaient sublimes, point à la ligne. Les collaborateurs de l’orchestre Métropolitain ont réalisé un véritable tour de force : adapter un orchestre complet à une couleur pop, dans un espace restreint, en extérieur, et dans une cohésion des plus solides. Ce concert était manifestement le fruit d’un travail colossal. Impressionnant. Très impressionnant. Sans contredit, un des meilleurs concerts auquel j’ai assisté. Fier, fier que j’ai été d’être montréalais hier soir. De l'extase suprême, sublimissime, à commencer par un prologue symphonique à en faire frissonner les morts. Imaginez tout l'aspect théâtral que ces mots peuvent évoquer. Longue cape noire, gestes lents, fumée et lumières. Pour paraphraser Pierre Lapointe : « j’espère que vous en aurez pour votre argent ce soir… surtout que le spectacle est gratuit… ». Ne pas s’en faire Pierre, si chaque artiste pouvait oser ce genre de spectacle tout en lumières plus souvent, Montréal serait définitivement le paradis culturel qu’il est en train de devenir.


    Les pièces à couleur classiques s’enchaînaient les unes après les autres, sans pauses ou presque, telles une grande fresque d’émotions qui passent. Typiquement le concept européen qui manque cruellement dans les rues de Montréal. Un peu comme un cirque de passage, ce fut un évènement éphémère mais pourtant si poignant. Rassurons-nous ! Le concert, qui était enregistré pour la télévision, sera retransmis sur les ondes d’Espace Musique de Radio-Canada, et un album live sera même de la partie. Pour une rare fois, cet album renfermera le son chaud et grave de ce concert, et pour un peu, la chaleur du cœur que chaque spectateur rapporta avec lui hier soir.

    - Texte & Photos: Xavier L. Proulx pour Derechef.ca
  • Pocket Symphony

    Jan 5 2007, 4h04

    Le nouvel album du duo Versaillais Air est prévu pour le mois de mars. Toutefois, j’ai été en mesure de l’écouter. Je vous livre ma critique.
    Bien que puissant, l’auditeur est malheureusment attiré dans un abîme de plus en plus profond, malgré certaines poches d’air frais le long de son parcours.
    Space Maker: s’ouvre en grand avec un style électronique digne du plus grand d’Air. Les percussions sont bien détachées et la guitare semblable a 10 000 hz Legend s’y marie bien. Original ? Non. La guitare est tout simplement la même ou presque que “New Star in the Sky” tiré du classique Moon Safari.
    On espère alors quelque chose de grandiose. Vite. Prochaine piste !
    Once Upon a Time contient sans nul doute une certaine émotion. On commence à parler Air. Très bonne pièce, paroles très “Air”, la percussion électronique est très bien placée. C’est un titre très planant qui rappelle Talkie Walkie. Première poche d’air de l’écoute !
    One Hell of a Party: rien à dire. Ce n’est pas Air.
    Napalm Love. On retrouve encore une fois des pads tirés de précédents albums, mélangés à un son de piano électronique. Totalement non original donc. Un pastiche de leur propre musique. C’est dommage. Basse copiée sur All I Need de Moon Safari. Toutefois, cette impression est contre balancée par un pad électronique très judicieusement choisi. L’impression globale nous fait retenir une pièce très puissante et digne d’Air.
    Mayfair Song. Ambiance. On peut aimer ou pas…. Le style de pièce d’Air qui aurait du clore l’album.
    Left Bank. Commence sur le même ton que Another Day de Talkie Walkie. Exactement le même. Une copie d’une copie. Par contre, la guitare et les nappes de synthétiseurs qui s’y mêlent sont sympathiques et la mélodie reste en tête. Loin du génie dont Air est capable. L’abîme n’est plus très loin.
    Photograph est une poche d’air sous l’asphyxie de cet album. Il s’agit de la meilleur pièce. Tous les ingrédients essentiels pour une grande pièce d’air sont présents. Guitare en mineur, voix asexuée de Dunckel, piano passionné, effets électroniques subtils. C’est du Air. Mais du Air exactement semblable à Talkie Walkie. Un peu comme s’il s’agissait d’une piste rejetée de leur précédent album. Très intéressant donc, mais aucunement original. C’est Air, c’est kitch, c’est French touch, mais ce n’est pas nouveau. Par contre, les émotions sont là et c’est ce qui compte.
    Mer du Japon. Reprend un peu le style expérimental de 10,000 Hz Legend. Ennuyant.
    Lost Message. Piano à la Moon Safari. Mélancolie semblable au single “Easy Going Woman”. Pas original.
    Somewhere Between Wakking and Sleeping. Le piano seulement et l’accompagnement pourraient soutirer quelques émotions. Mais la collaboration vocale gâche tout à mon avis.
    Redhead Girl. Nappes très Aériennes. Rythme semblable à “Alone in Kyoto”. Piano intéressant. Petit côté jazzé à la Moon Safari. Pastiche.
    Night Sight. Semblable à Bathroom Spirit de Darkel. Pièce ambiante mais non Aérienne.
    Verdict ? C’est du Air. Mais du Air sous forme de plat préparé. Il fallait vraiment attendre trois ans pour “ça” ? Désolé mais non. Dans un esprit de minimalisme kitch, j’ai grandement préféré l’album solo de Jean-Benoît Dunckel, Darkel. Ce n’était pas parfait, mais au moins c’était original.
    2/5, pour les deux pièces dignes de figurer sur un album d’Air. Ou est passée ma Cherry Blossom Girl ? Hélas ! La machine à remonter dans le temps n'existe pas pour se faufiler dans ce double sens.
  • Invisible Limits

    Nov 28 2006, 2h42

    Cette pièce est intemporelle. Elle résume mon passé comme mes pensées. Je crois qu'il s'agit d'une des plus belles pièces d'électronique que je n'ai jamais entendu. Après une apogée assourdissante, la pièce se termine par un nocturne au piano accompagné de la flute traversière. Majestueux. Fabuleux. Toutes ces images qui viennent en tête à ce moment résument tout et rien à la fois.