• Starkill / Amorphis à Genève

    Nov 12 2013, 10h56

    Sun 10 Nov – Amorphis, Starkill

    J’ai bien failli rater la visite d’Amorphis, le groupe finlandais de métal progressif, à l’Usine de Genève ce dimanche. Note à moi-même: la croûte du Vacherin Mont-d’Or, c’est vraiment pas bon. Bref, c’est avec un estomac quelque peu en vrac que j’ai pris la direction de la salle, accompagné de Fulgan (qui invitait) et d’une de ses amies, qui avait fait le déplacement exprès de France.

    Après un moment d’attente, à l’abri du froid, dans un bar voisin (qui diffusait de la musique latino; bonjour le contraste!), nous avons rejoint l’entrée. Même si ce n’était pas la foule des grands soirs, ça fait plaisir de voir une grosse quantité de métaleux faire le déplacement, même un dimanche soir, pour venir voir un groupe dont la réputation n’est plus à faire dans le domaine du death mélodique/progressif.

    Autre bonne nouvelle: les concerts commencent tôt: à peine une demi-heure après l’ouverture des portes, Starkill entame son set de première partie. Quatuor de Chicago, le groupe nous balance une prestation très honorable, en dépit d’un son médiocre.

    Le mélange power-métal avec vocaux death est assez bizarre et me rappelle par moments ce que j’écoutais dans les années 1990, y compris dans les grands mouvements de cheveux et les poses certifiées ISO, mais ça fait le boulot: au moment où Amorphis monte sur scène, la salle est bien chauffée.

    Les six membres du groupe prennent place sur une scène assez étriquée, au milieu de grands éléments de décor reprenant les illustrations de Circle, leur dernier album, et attaquent une prestation d’une heure et quart environ, placée sous le signe du professionnalisme. Serious metal is serious.

    Si, musicalement, ça envoie une grosse quantité de bois, le jeu de scène est un peu statique: hormis le chanteur et son impressionnante toison de dreadlocks en bataille, le peu d’espace réduit quelque peu les mouvements des autres musiciens. Cela dit, Tomi Joutsen et son improbable micro (croisement entre un pistolaser pour feuilleton-télé des années 1950 et un sèche-cheveux steampunk) compense en bougeant pour quatre.

    Petite déception: la setlist contient somme toute assez peu de morceaux de Circle: le groupe a semble-t-il voulu faire plaisir à ses fans de la première heure et est allé piocher dans des morceaux plus vintage. Pas que ceux-ci soient désagréables, mais comme je ne les connaissais pas, c’est plus difficile de hurler avec le reste du public qui, lui, est à fond dedans.

    Un seul rappel conclut le concert; c’est court, mais j’imagine que ça arrange un peu tout le monde de terminer avant minuit: ça permet de rentre chez soi, prendre une douche et se coucher à une heure encore presque décente. À la réflexion, c’est quand même un peu moche de vieillir… Mais bon, toute mesquinerie mise à part, c’était là un fort bon concert; on aurait tort de faire la fine bouche.

    Le temps que je fasse le tri, mes photos sont désormais en ligne sur Flickr.

    Billet publié sur Blog à part: http://alias.codiferes.net/wordpress/index.php/starkill-amorphis-geneve/
  • Elferya / Eluveitie à Lausanne

    Abr 22 2013, 7h57

    Sat 20 Apr – Eluveitie Tour 2013

    Vous allez voir que ça finir par virer à la tradition: hier soir, Fulgan et moi étions aux Docks de Lausanne pour y fêter son anniversaire (à Fulgan, donc). L’année passée, c’était pour Xandria, Stream of Passion et Epica, cette année c’était pour Eluveitie, avec en première partie les Lausannois de Elferya pour une soirée 100% pur suisse; pour un peu, on aurait pu mettre le petit logo.

    Indice qui ne trompe pas: le concert se fait à guichets fermés et, sans surprise, la salle est bondée. On arrive un poil après l’ouverture des portes pour trouver une file d’attente qui fait presque la moitié du tour du bâtiment et, le temps de passer au vestiaire, on ne trouve de place qu’à côté de la régie. Bon, la salle n’est pas grande, mais quand même. Et il y a encore presque autant de gens qui rentrent.

    Quand Elferya entame son set, le public est déjà bien chaud; le fait de jouer à domicile ou presque leur fait bénéficier d’une bonne claque. Le groupe, qui m’était totalement inconnu avant que j’achète les billets, a visiblement ses fans.

    Elferya donne dans le métal symphonique, que j’hésite désormais à qualifier de « à chanteuse ». Néanmoins, il faut avouer que c’est la voix de soprano de Claire-Lise von Dack qui est l’élément le plus marquant du groupe, qui en lui-même arbore une composition très classique, rehaussée par la présence occasionnelle d’une violoniste et d’un flutiste.

    Objectivement, la prestation du groupe était globalement bonne, mais avec des variations entre le « moyen pourri par une sono faiblarde » et le « vraiment excellent », pour le morceau instrumental folk. Elferya a du potentiel, mais devrait songer à quitter l’ombre du Nightwish des débuts.

    C’est cependant enthousiasmant de voir un groupe romand se lancer dans ce genre musical; comme j’ai acheté leur album, je pense que je vous en reparlerai bientôt.

    Après quarante-cinq minutes de concert, sous les applaudissements enthousiastes d’une bonne partie du public, Elferya laisse la place (après un très rapide changement de scène) à Eluveitie. Et quelque soit l’accueil réservé aux régionaux de l’étape, on entend tout de suite qui le public est venu voir.

    Alors bon, je ne suis pas un grand fan de Eluveitie; j’aime bien leurs morceaux, mais leurs albums ont tendance à me fatiguer sur la longueur. En concert, c’est une autre paire de manches (de guitare): le groupe déboule avec huit musiciens sur scène, moitié instruments rock et moitié traditionnel et entreprend de poutrer tout ce qui bouge et certains éléments qui ne bougent pas, dans la foulée.

    La combinaison du côté festif et épique du folk celtique et de la puissance et de l’énergie du métal est quelque chose qui est difficilement résistible, surtout quand on est dans la même salle que quelques centaines d’excités. Au vu des pogos et du crowd-surfing en cours devant la scène, on se dit qu’on est pas si mal à côté de la régie…

    Niveau énergie, Eluveitie en a à revendre, malgré le fait que ce concert est un des derniers de leur tournée mondiale qui a duré plus d’un an. There’s no place like home, le public lausannois fait du bruit comme tout un stade et le groupe livre une prestation de près d’une heure et demie, rappel compris; c’est relativement court, mais intense.

    Très bon concert, donc, dont vous pouvez trouver une poignée de photos modérément pourrites sur Flickr; les Docks ayant une politique un peu coincée du cul (et totalement inefficace) en ce qui concerne les photos, je n’ai pas pris mon Canon – et d’ailleurs, au vu de la foule, je l’aurais sans doute regretté, donc c’est l’iPhone qui a mitraillé.

    (Précédemment publié sur Blog à part, sous licence Creative Commons.)
  • Publicist / Maserati à Lausanne

    Abr 8 2013, 11h18

    Sun 7 Apr – LE ROMANDIE AU 2.21 FEAT. MASERATI + PUBLICIST

    Les concerts un dimanche soir, c’est une mauvaise idée ; les concerts à Lausanne un dimanche soir, c’est une très mauvaise idée. Certes, mais les concerts de Maserati, c’est une excellente idée !

    Vous vous souviendrez peut-être que, lorsque j’avais chroniqué Pyramid Of The Sun, j’avais déjà mentionné un article de Luz dans Charlie-hebdo sur un concert de Maserati à Lausanne. Cette fois-ci, j’étais bien décidé de ne pas le rater, dimanche soir ou pas. Le Alias a ses lubies que la raison ignore, ou quelque chose comme ça.

    Bref, me voici parti pour le Théâtre 2.21, quelque part dans le nord de Lausanne, un lieu bizarre qui ressemble à une vieille usine, mais plutôt accueillant, proposant même en guise de dîner un excellent buffet à prix libre et un bar avec des bières artisanales. Tout ce qu’il faut pour me mettre de bonne humeur.

    C’est une foule modérément fournie (au pif, je dirais 150 personnes) qui accueille Publicist, que j’ai du mal à définir comme un groupe ; en fait, « concept » est le terme qui s’approche le plus de l’expérience, puisqu’on a un batteur (Sebastian Thomson), tout seul, qui fait de l’électro à l’aide d’un sampler et d’un vocoder.

    En fait, c’est une illustration extrême du syndrome du musicien fantôme, avec le twist amusant que si, d’habitude, c’est le batteur qui est absent, il est ici le seul musicien présent. Cela dit, dans le cas présent, ça colle plutôt bien avec l’ambiance : éclairage minimaliste (merci pour les photos !), musique électro répétitive, mais soutenu par un martèlement continu de la batterie.

    Je crois qu’au cours des quarante-cinq minutes de cette performance, le musicien a dû s’arrêter de tabasser ses fûts pendant dix secondes, maxi. Ce n’est pas trop mon truc, mais la performance est impressionnante et ça a le mérite de bien chauffer la salle.

    À dix heures pile, Maserati lance les feux et on sent déjà une certaine proximité thématique dans la disposition de la scène : la batterie est front and center, bien en vue. Et, quand on voit le batteur s’échiner, on comprend rapidement qui est le patron dans le groupe.

    De façon générale, le post-rock est un genre musical qui tabasse pas mal ; Maserati tabasse plus que pas mal. C’est du gros son atomique, avec retour aux fondamentaux et ouverture en grand des vannes à décibel. Seule concession à la modernité : des pistes de clavier pré-enregistrées. Mais si le dernier album, VII, donnait dans l’influence Tangerine Dream, celle-ci est passablement noyée dans le déferlement.

    Par rapport à un Long Distance Calling vu précédemment, Maserati, c’est nettement plus brut de décoffrage. Et, surtout, la mise en avant scénique et sonore du batteur – ainsi que l’aspect exclusivement instrumental des compositions – amène au groupe une beaucoup plus grosse puissance. Ça n’empêche pas quelque subtilités, comme un « Inventions » amené de manière grandiose, mais de façon générale, la subtilité n’est pas trop le propos du groupe.

    J’avoue par contre avoir dû quitter la salle avant la fin, au milieu du premier rappel, pour cause de train à prendre ; je n’ai donc pu voir qu’une petite heure et demie du concert, mais ça reste quand même un grand moment.

    Vous pouvez trouver mes habituelles photos méso-pourrites (la qualité de l’appareil peinant à compenser mon propre amateurisme et des conditions peu optimales, avec très peu de lumière et des musiciens qui bougent beaucoup) sur Flickr.

    Contenu publié sous licence Creative Commons Attribution 3.0 Unported.
  • Trolls & Légendes 2013

    Abr 4 2013, 13h31

    Fri 29 Mar – Trolls et Légendes - Le Festival de toutes les Fantasy 2013

    Et donc poum! Me voici de retour à Trolls & Légendes, édition 2013. Ça devient une habitude. Mais une bonne habitude, parce que je ne vous cacherai pas que j’adore ce festival. Donc, question objectivité, je vais avoir du mal à dire du mal des concerts d’ouverture de ce vendredi soir, surtout avec le Naheulband en tête d’affiche, accompagné de La Horde et de Tator!

    Donc, on commence par La Horde, un quatuor folk qui donne dans le festif à tendance pirate et qui délivre un show fort divertissant, à base de chansons ribaudes et de déguisements de pirates. Un show fort sympathique, qui se conclut quand même par un medley particulièrement barré de la tête, du genre « I Like to Move It » avec, au milieu, une reprise du « Popcorn » de Kraftwerk– au violon. Respect.

    J’avoue nettement moins d’intérêt pour le trio Tator, qui tente d’emmener le public dans son délire mystico-sectaire-pour rire, sans trop de succès. C’est un peu dommage, parce qu’on sent que le groupe a du potentiel, mais il peine à transmettre son enthousiasme à son public. En même temps, trois musiciens sur une scène aussi grande, c’est peut-être un peu vide.

    Après, ben, c’est le Naheulband. Difficile de dire quoi que ce soit qui ne répète pas ma chronique précédente de 2011. C’est un peu le groupe par et pour les rôlistes, qui ont une fois encore répondu en masse à l’appel et font aux musiciens un triomphe qui s’apparente beaucoup (plus que d’habitude, s’entend) à de l’hystérie collective.

    C’est bien simple: il y a des morceaux où, même à trois mètres des enceintes, je n’entendais juste pas les chanteurs, mais le public autour de moi qui hurlait les paroles. Évidemment, depuis le Trolls & Légendes 2011 de sinistre mémoire, tous les concerts du Naheulband sont hantés par le spectre du poulet-piou-piou-piou et celui-ci ne fait pas exception.

    Le spectacle est bien rodé et, quelque part, sans surprise: le Naheulband déroule son show avec un soupçon d’autodérision, en enquillant les morceaux-phares, avec la complicité bienveillante d’un public acquis d’avance. Ça pourrait être un peu mieux organisé, mais à quoi bon? L’improvisation et le nawak assumé, c’est aussi un peu ça, l’esprit rôliste.

    ***

    Joizéboneur : samedi soir, la partie concert de Trolls et Légendes accueillait Stille Volk, le groupe de folk pyrénéen. Pour une fois qu’il passe un groupe que je connais (le Naheulband faisant quasiment partie de la famille, il ne compte pas vraiment) !

    Que je connais et que j’aime beaucoup. Du coup, j’appréhende un peu ce que ça peut donner en live, mais les premières mesures de « La danse de la corne », suivi d’un « Jongla » de toute beauté, dissipent mes craintes. Attention chérie, ça va poutrer !

    Le quatuor enchaîne les morceaux, anciens et récents (encore que « récent » est très relatif, vu que leur dernier album date de 2009), leur folk tellurique – voire chthonien – soutenu par un percussionniste de folie et la voix grave du chanteur collant à merveille à l’ambiance des lieux. Le public apprécie, moi itou.

    Seul regret: tout cela se termine trop vite, sans « Forêt d’outre-tombe » ni de « Adoumestica una tero », qui pourtant auraient été parfaits en rappel. Reste que ce concert est une grosse tuerie.

    Haggard suit et conclut une soirée dont j’ai raté les deux premiers groupes, principalement parce qu’un des intérêts de Trolls & Légendes pour moi est de pouvoir papoter avec des gens qu’on connaît ou non, dans le salon VIP, une Cuvée des Trolls à la main. Donc Haggard. C’est du métal médiéval symphonique, à savoir que c’est un groupe de métal qui intègre une section symphonique et qui fait de la musique d’inspiration médiévale.

    Dans les faits, ça veut dire qu’il y a sur scène douze personnes (et encore : de ce que j’ai entendu, c’est la configuration réduite), dont deux violonistes, un violoncelliste, un clavier, une flutiste, une hautbois, une chanteuse soprano, un ténor et l’habituel contingent métaleux de base : deux guitares, un bassiste et un batteur. On notera au passage que c’est un des rares groupes de métal que je connaisse qui ait une composition paritaire…

    Bon, par contre, si l’idée est alléchante et leur prestation plutôt correcte (avec un spectaculaire concours de chorégraphie capillaire entre les guitaristes et les musiciennes classiques), malgré un public qui fuit à vue d’œil au cours du concert, je n’adhère pas à leur musique. En gros, j’ai l’impression d’écouter du Therion, mais dans le désordre. Il y a d’excellentes idées, mais c’est très haché ; je trouve que ça gagnerait à être plus homogène.

    Conclusion contrastée pour cette soirée, donc : de l’excellent et du pas-mal-mais-j’aime-pas.

    ***

    Les concerts du dimanche, à Trolls & Légendes, c’est toujours un peu délicat : d’un côté, c’est le jour des grosses têtes d’affiche et, de l’autre, c’est le moment où l’organisme usé et abusé par les excès de bières, de jeux et l’absence de sommeil se rappelle à votre mauvais souvenir.

    Comme d’habitude, les contraintes d’horaire (il faut bien bâcher le stand et manger à un moment) m’empêchent de voir le premier groupe et le début de Folk Noir. Dans ce dernier cas, c’est bien dommage, parce que le reste de la prestation de ce jeune groupe folk, né de la fusion de deux autres formations, est prometteur.

    Folk Noir propose un folk-rock qui tabasse pas mal, à base d’instruments traditionnels, et nous gratifie même d’un morceau beaucoup plus rock très atmosphérique que n’aurait pas renié Anathema. Du coup, j’ai acheté l’album et je soupçonne que je vous en reparlerai.

    Le groupe suivant est Daemonia Nymphe, un sextet grec dont le folk puise ses racines dans la musique rituelle pré-chrétienne (ce qui fait ricaner mon archéologue d’épouse, mais passons). Ils étaient déjà passés à Trolls & Légendes il y a quatre ans, mais je suppose que c’était pendant que j’étais en train de me shooter à la cortisone à l’hôpital de Mons.

    Toujours est-il que j’ai trouvé leur prestation plutôt pas mal ; pas entièrement convaincante, un peu trop théâtrale (des masques, fo’real ?), mais traversée de moments de pure grâce, surtout par le duo de voix féminines qui en forment l’épine dorsale. On notera la présence de deux invités prestigieux, l’immense Luka, didgeridoiste de guerre de plusieurs formations, et le percussionniste belge Mich.

    On parlait de tête d’affiche, celle de ce soir était Saltatio Mortis ; mon latin est un peu rouillé, mais je soupçonne que ça veut dire « ça sautille à mort ». C’est un groupe qui est le contrepied à peu près complet du précédent. L’entrée en scène est un modèle du genre, avec un quintet métal (batterie, basse, double guitare et chanteur) classique, avant que ne déboulent trois cornemuses à la masse.

    En fait, « à la masse » est l’expression qui colle le mieux à ce délire punk-métal à cornemuses ; Ghislain m’avouait que c’était trop festif, même pour lui et je dois avouer que je le comprends. Surtout en clôture de festival avec les papattes en vrac. En plus, musicalement, c’est quand même très basique ; j’ai eu l’impression d’écouter quatre fois le même morceau à la suite en début de concert.

    Mais bon, visiblement, les compositions élaborées et les solos de haute précision, ce n’est pas leur truc. Saltatio Mortis, ça envoie la patate en quantité suffisante pour alimenter toutes les friteries de Mons et de ses environs pour six mois. Si je n’avais pas été aussi crevé, j’aurais peut-être même pu apprécier, malgré les pogos hystériques des premiers rangs.

    Il faut dire ce qui est, le public de Trolls & Légendes – enfin, le dernier carré qui survit passé minuit, quand les familles et le elfettes en costume médiéval ont fui – c’est quelque chose ! C’est un des gros plus de ce festival, du genre qui vous permet de rester éveillé jusqu’à la fin. Alors à dans deux ans!

    (Basé sur des billets précédemment publiés sur Blog à part.)
  • Sahg / Sólstafir / Long Distance Calling à Genève

    Mar 18 2013, 10h36

    Mer. 13 mars – The Flood Inside Tour

    Il me semble que chaque fois que je vais à l’Usine, c’est pour y voir un groupe de post-rock: Isis, Tides From Nebula et, hier soir, Sahg, Sólstafir et Long Distance Calling. Bon, dans le cas des intéressés, c’est du post-rock, mais pas que.

    Par rapport à la configuration réduite de novembre, l’Usine avait repris une taille à peu près normale, avec une vraie scène et – ô luxe – un vestiaire. Ça tombait plutôt bien, vu que le temps était à la neige et, comme j’étais venu direct du bureau, j’avais également mon gros sac qui encombre en plus de fringues de saison.

    On attaque avec Sahg – et c’est le mot, car ce quatuor norvégien balance un métal un peu old-skool qui fleure bon le Iron Maiden des débuts. Rythmique impeccable et guitares qui assurent, seule la voix semble un peu en retrait, mais les cinq morceaux font le job et le public apprécie.

    Débarque Sólstafir. Ceux-là, je les connaissais déjà via leur dernier album, que j’étais persuadé d’avoir chroniqué, sauf que non (il faudra peut-être que je revienne là-dessus, du coup). Mais ce n’est pas grave, parce qu’en concert, ça n’a presque rien a voir.

    Sólstafir, c’est les Fields of the Nephilim qui font du métal progressif mâtiné de post-rock, avec un hurleur au micro et un batteur déjanté. Si l’album n’avait laissé une impression mitigée, en concert, on entre direct dans l’ambiance et on se prend des grosses baffes en rafale. Le groupe a d’ailleurs ses fans, présents (enfin, surtout présentes) en masse.

    Lorsque Long Distance Calling monte sur scène, l’arène est dégagée. C’est qu’il faut des grands espaces pour leur post-rock atypique! Les deux guitaristes et le bassiste, tout sourires, se promène dans la plaine, pendant que le clavier-chanteur survole les débats; le batteur, invisible derrière un mur de fûts, un mur de fumée et un mur de lumière, fait sentir sa présence par un mur de son.

    Rapidement, le contraste avec les deux groupes précédents, aussi bons soient-il, est marquant: le son est carré, précis, maîtrisé, tant dans les parties planantes, quasi floydiennes, que dans les passages post-métal. Si la plupart des morceaux joués proviennent du dernier album, le groupe nous gratifie également de pistes plus anciennes, dont « Arecibo », « Aurora » et le monstrueux « Black Paper Planes ».

    Un rappel et presque une heure et demie plus tard, il est tant de chasser le dernier tram; c’est pas tout ça, mais je bosse le lendemain! Et donc, est-ce que c’était bien? Si je vous dis que j’ai des courbatures dans la nuque, ça vous suffit, comme réponse?

    Comme d’hab, photos toupourrites sur Flickr.

    (Contenu publié sous licence Creative Commons Attribution 3.0 Unported sur Blog à part)
  • Tides from Nebula à l’Usine, Genève

    Nov 9 2012, 15h00

    Il y a environ trois ans, jour pour jour ou peu s’en faut, j’étais à l’Usine pour voir Isis, groupe de post-rock. Aujourd’hui, autre groupe de post rock au même endroit: ce sont les Polonais de Tides From Nebula qui nous font les honneurs du lieu.

    Depuis, des travaux ont quelque peu réduit la taille du lieu (rebaptisé Kalvingrad), ce qui tombe assez bien: la notoriété des deux formations étant difficilement comparable, l’affluence est sérieusement moindre et, du coup, avec une salle de taille normale, on se serait senti un peu seuls dans la steppe.

    Bon, c’était surtout vrai pour le groupe de première partie, les Genevois de Lilium Sova et c’est d’ailleurs un peu dommage. Il est courant de mépriser quelque peu les groupes de première partie, surtout s’ils sont locaux, mais c’est parfois un tort. Lilium Sova s’est avéré être une surprise de taille: un quatuor surexcité balançant un chaos de notes de prime abord sans logique, mais dévoilant au fil des compositions des pépites progressives.

    Le set est bref, brutal, mais largement pas dénué d’intérêt: de l’énergie pure prenant parfois forme, produite par des musiciens explosifs (notamment un guitariste n’hésitant pas à bondir dans la foule). En discutant avec un des musiciens après le concert, j’ai appris que leurs albums sont assez différents de leur prestation; comme j’ai acheté le premier (le second devrait sortir très prochainement), je vous en reparlerai sans doute.

    Après une relativement brève pause, Tides From Nebula monte sur scène devant un public un peu plus fourni (au pif, on devait être une centaine). On se dit, sur la base d’une intro planante, que le contraste avec le groupe précédent va être maximal. On a tort.

    La performance de Tides From Nebula surprend elle aussi par son énergie, mais surtout par ses contrastes entre épisodes atmosphériques et mur de son ultra-saturé grand style. Parfois, les transitions sont abruptes – carrément des cassures – et, à d’autres moments, c’est plus une montée en puissance inexorable qui emporte tout sur son passage. Et notamment l’adhésion du public.

    Ce soir, j’ai découvert un autre Tides From Nebula, bien éloigné de l’impression de clone plus ou moins inspiré de God Is An Astronaut que m’avait laissé son album Earthshine. En concert, c’est un animal différent; plus puissant, plus électrique. Un groupe généreux, aussi, qui nous gratifie d’une prestation d’une heure et demie, avec rappel, et n’hésite pas à remercier le groupe de première partie (une première, pour moi).

    Petit regret pour le concert en lui-même: si le son était globalement excellent, l’éclairage quasi-exclusiviement par l’arrière nous a empêché de voir les musiciens tout du long du concert; pour une fois, le seul qui était visible, c’était le batteur! Cela a été particulièrement brutal pour mes photos, qui sont encore plus poucraves que d’habitude.

    Bonus spécial vieux: le concert se terminant vers 23 h 30, j’ai pu attraper le tram et rentrer chez moi avant minuit. Ce qui, en semaine, est particulièrement appréciable.

    Si vous avez l’occasion de voir Tides From Nebula en concert près de chez vous – ce qui ne semble pas si rare, vu que le groupe en est à sa cinquième tournée européenne – n’hésitez pas! L’expérience en vaut la peine.
  • Lonewolf / Nightmare / Epica / Within Temptation / Nightwish à Colmar

    Ago 6 2012, 11h56

    Sun 5 Aug – Foire aux vins - Hard Rock Session

    Le plan du week-end était : monter à Colmar (quatre heures de train) et y retrouver un pote pour la « Hard Rock Session » de la Foire aux Vins, qui consiste en la bagatelle de cinq groupes de métal, dont trois du type « à chanteuse ». À savoir les régionaux Lonewolf et Nightmare, suivis par Epica, Within Temptation et Nightwish. Beau programme.

    Bon, dans la pratique, le pote en question a eu l’idée saugrenue de se casser la cheville il y a une semaine et, du coup a été formellement interdit par la Faculté d’aller mosher dans les fosses. Pas grave : j’y suis allé tout seul, comme un grand, et je n’ai même pas eu peur ! Pourtant, dix mille métaleux qui débarquent sur une Foire aux Vins (qui tient comprend beaucoup plus de foire que de vins), ça a de quoi inquiéter.

    L’endroit est assez magnifique : le Théâtre de la Foire aux Vins est une structure ouverte, mais couverte, pouvant donc tenir dix mille furieux (plus la fosse) et, à vue de nez, était plein comme un œuf pour ce concert.

    18 heures tapantes : Lonewolf ouvre le bal avec un heavy-metal tellement classique que je me serais cru vingt-cinq ans en arrière. C’est du basique, pas toujours super-maîtrisé, mais ça fait le travail. Quelque part, j’ai un peu l’impression que les métaleux sont le meilleur public du monde, capable de s’enthousiasmer pour à peu près n’importe quel groupe offrant une prestation énergique et honnête.

    Suit Nightmare, autre groupe français, mais avec un peu plus de bouteille et un métal un chouïa plus élaboré, façon power-métal mélodique. Montée en puissance : l’air de rien, il arrive à mettre le feu à une bonne moitié du public, notamment grâce à une frontman aux faux airs de Ronnie James Dio (à part pour la voix, ne rêvons pas).

    Les choses sérieuses commencent avec Epica – non que les deux précédents étaient des plaisantins, mais parce qu’on commence à taper dans la tête d’affiche et qu’il ne s’agit plus de chauffer le public, mais d’y mettre le feu. En une heure, et avec la complicité d’un jeu de lumière impressionnant (même s’il reste un ton en-dessous de celui de leur tournée) et de chorégraphies de cheveux, Simone Simmons et sa bande placent déjà la barre très haut.

    Arrive Within Temptation, qui ne se démonte pas, voit le light-show de folie d’Epica, suit et relance de séquences filmées basées sur The Unforgiving, leur concept-album. Soyons clair: au niveau visuel pur, Within Temptation a tué tout le monde! Gros contraste avec Epica : la chanteuse est à peu près la seule du groupe à porter les cheveux longs et, d’ailleurs, le métal de Within Temptation flirte plus avec un Hard-FM très calibré qu’avec le métal symphonique de ses collègues.

    Le public en redemande quand même et il a bien raison : Within Temptation sera le seul groupe à nous gratifier d’un rappel, sous une pluie battante. J’ai peut-être été un peu optimiste en qualifiant l’emplacement de « couvert » : l’orage qui se déchaine à l’extérieur se glisse par bourrasque entre les différents toits et balance une bonne dose de gouttes, notamment dans la fosse.

    À ce stade, on se demande comment Nightwish, tête d’affiche incontestable de la soirée, peut faire plus fort. La réponse arrive dès les premières notes : des lance-flammes. Plein. Et des canons à fumigènes, aussi. Bon, du coup, toute la fosse sèche en un clin d’œil, avant de commencer à sautiller sur place comme un seul homme. Curieusement, le groupe ne se contente pas de dérouler son dernier album, Imaginaerum, mais alterne nouveaux et anciens (= époque Tarja) morceaux.

    La seconde arme de Nightwish, c’est Nightwish. Le groupe a quand même une composante folk non négligeable et la surprise vient de l’arrivée d’un presque sixième membre à part entière, Troy Donockley, qui nous joue de la cornemuse écossaise et de la flûte sur plusieurs morceaux, dont « I Want My Tears Back », « Last of the Wilds » et, surtout, une reprise d’anthologie du « Over the Hills and Far Away » de Gary Moore.

    Histoire d’enfoncer le clou, le groupe conclut son show en dynamitant la scène. Enfin, pas vraiment, mais c’est l’impression que cela donne avec les feux d’artifice et les gros canons à confetti. Genre : « rappel, c’est nous qu’on est la tête d’affiche, I am the motherfuckin’ Nightwish! » Comme ça, c’est clair.

    Comme le métaleux est quelqu’un de paradoxalement très sage, c’est à minuit pile qu’il se transforme en citrouille et rentre chez lui, la tête pleine d’étoiles et les oreilles d’acouphènes. En se disant que, quatre heures de train, cinq heures de sommeil et re-quatre heures de train pour retourner bosser, c’est franchement pas si cher payé.

    Une galerie de mes photos toupourrites est sur Flickr, toujours sous licence Creative Commons.

    (Article précédemment paru sur Blog à part, troisième époque, sous licence Creative Commons.)
  • Xandria / Stream of Passion / Epica aux Docks, Lausanne

    Abr 15 2012, 10h09

    Sam 14 avr. – Epica, Xandria, Stream of Passion

    Résumé de l’épisode précédent: le nouvel album d’Epica, Requiem for the Indifferent, ayant laissé votre tonton Alias quelque peu, euh… indifférent, qu’en serait-il du concert des mêmes, ce samedi soir aux Docks de Lausanne? Pour l’occasion, le groupe néerlandais s’était adjoint les services de leurs compatriotes (très cosmopolites) de Stream of Passion et des Allemands de Xandria pour une soirée spéciale « métal à chanteuse ».

    De ces derniers, je ne peux dire grand-chose, vu que, contre toute attente, leur concert à commencé en avance alors que nous arrivions en retard. Le temps de passer la foule compacte qui se pressait à l’entrée de la salle (la soirée était sold-out; ça faisait d’ailleurs bien longtemps que je n’avais assisté à un concert dans une salle remplie) et de poser notre monceau de fringues surnuméraires au vestiaire, nous n’avons vu que le dernier morceau et demie.

    À noter tout de même l’enthousiasme du public, qui a fait plus que réserver un accueil poli à ces chauffeurs de salle. Ce fut d’ailleurs une constante: le public n’était pas là que pour voir Epica et s’est montré particulièrement bruyant tout du long.

    Avant l’heure, c’est pas l’heure, et c’est à 20 h 30 pile (ou très peu s’en faut) que Stream of Passion monte sur scène. J’avais quelques réserves sur leurs précédents album, qui se sont envolées à peu près vers la moitié du premier morceau: en concert, ce n’est juste plus le même animal. Emmenés par la chanteuse mexicaine Marcela Bovio (qui a enthousiasmé le public par son français presque parfait) et par un bassiste monté sur ressorts, le groupe nous a gratifié de quarante-cinq minutes d’un show très métal – bien plus que sur leurs albums.

    Du coup, je me suis permis de tweeter « Rappelez-moi, c’est qui le groupe qui fait l’after de Stream of Passion? » (avec plein de typos, mais ces temps-ci, l’autocorrect me fait des misères). Le temps de réaménager la scène et Epica est venu répondre à cette question et disons ce n’est pas exactement la même ligue. Si Stream of Passion donne dans l’artisanal enthousiaste, mais un peu foutriquet, Epica c’est la puissance industrielle en marche!

    Gros son, gros jeu de lumière (école « projecteurs de DCA, mais avec des couleurs »); plein la vue, plein les oreilles. De ce côté, rien à dire: Epica nous a livré une expérience de qualité d’une heure et demie devant un public chaud bouillant, réagissant au quart de tour aux injonctions des musiciens, voire de façon spontanée.

    Vous me connaissez depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’il y a un « mais ». Ce « mais » est en fait commun à tous les groupes qui donnent dans le symphonique à grand spectacle: c’est dur de faire du symphonique à grand spectacle à cinq sur scène. Du coup, le show d’Epica repose beaucoup sur des parties enregistrées, ce qui a pour conséquence de beaucoup limiter la place à l’improvisation et à la spontanéité.

    Aussi bon qu’il soit, ce concert m’a fait par moment l’impression d’être artificiel: on n’a pas tant eu droit à un vrai concert qu’à une retranscription scénique des morceaux de l’album Requiem for the Indifferent et de quelques autres, plus anciens.

    Ne boudons pas notre plaisir: malgré tous ces défauts et, pour ma part, une position pas optimale par rapport à la scène (soit loin sur le côté, soit très loin de face), cette soirée fut des plus agréables. Et, pour n’avoir rien à regretter, on a écouté le dernier album d’Eluveitie dans la voiture, en rentrant.

    Comme d’habitude, ma galerie de photo toupourrites est sur Flickr (il y a même une vidéo, pas beaucoup moins pourrite). Creative Commons, toussa.

    (Chronique publiée sur Blog à part, troisième époque)
  • DGM / Symphony X à Monthey

    Out 24 2011, 7h06

    Je ne sais pas ce qu’il y a de particulier à Monthey et sa région, par rapport à Genève, pour qu’ils arrivent à attirer des noms raisonnablement connus du métal – comme Symphony X ou Evergrey, par exemple. Ah, si, je sais: des salles!

    Donc, nous voici repartis, Isa et moi, dans le bled de mes ancêtres pour une soirée métal avec, donc, les Américains de Symphony X pour leur Iconoclast European Tour 2011 et, en première parte, le groupe italien de métal progressif DGM.

    Ces derniers proposent une prestation très honnête, avec un son décent. Je ne suis pas un grand fan de leur style, qui me rappelle un peu trop beaucoup d’autres groupes du genre, mais il remplit son rôle avec enthousiasme devant un public nombreux; la salle du Pont Rouge était à peu près pleine. Seul défaut, l’éclairage en contre-jour, merci pour les photographes!

    C’est donc devant un public bien chauffé que Symphony X monte sur scène sur les premiers accords de « Iconoclast » et on ne met pas longtemps à comprendre que, dans « métal progressif », il y a « métal ». D’une certaine manière, c’est plutôt une bonne nouvelle: Russel Allen hurle et invoque, Michael Romeo nous fait son numéro de guitare-hero et le reste de la troupe est à l’avenant.

    Le gros problème, c’est que le son ne suit pas. Je veux bien admettre que, tout à droite à côté des enceintes, ce n’est pas la meilleure position pour profiter d’un son de qualité, mais après m’être déplacé dans la salle, j’ai noté que c’était un peu partout pareil: guitares et vocaux écrasés, claviers surnageant à peine, syndrome de la bouillie sonore.

    Alors certes, ça aussi c’est très métal, mais le défaut est qu’à force de ne pas entendre le minimum syndical de détails, les morceaux finissent tous par se ressembler et on se lasse assez vite de la prestation musicale.

    Cela dit, Allen assure le spectacle, échange avec le public et semble beaucoup s’amuser de jouer devant ce qui est peut-être une des plus petites salles de la tournée, mais certainement pas la moins remuante. Tiens, ça faisait d’ailleurs longtemps que je n’avais pas vu un gros pogo des familles pendant un concert…

    Dommage pour le son, donc (et pour les photos, parce qu’entre l’éclairage stroboscopique et des musiciens extrêmement remuants, mes photos sont encore plus toupourrites que d’habitude). Reste que cette prestation était extrêmement sympathique; pas le concert de l’année, mais bien quand même. Si ça pouvait inciter d’autres groupes à passer sous nos latitudes romandes, j’en serais ravi!

    (Article précédemment publié sur Blog à part: troisième époque sous licence Creative Commons)
  • Witch of Voodoo et Djizoes à la Perle du Lac, Genève

    Ago 7 2011, 8h47

    Il y a des groupes qui se font rares sous nos latitudes, c’est pourquoi, quand j’ai appris que Djizoes: se produisait à la Perle du Lac, parc de Genève, j’ai sauté sur l’occasion. Il faut vous dire que si Djizoes: est un groupe genevois, il fait le plus clair de sa carrière en Asie et en Amérique.

    Le concert avait donc lieu au bar de la terrasse du Musée des sciences, dans le cadre d’animations organisées par la Barje et le magazine Transit. L’endroit ressemble à une sorte d’aire de pique-nique (avec plus de cuir et de clous) et compte une scène ultrasimple, à peine surélevée, protégée par un mini-chapiteau, avec une autre toile pour protéger le public et un troisième pour la régie (le tout avec à peu près zéro budget, donc du matériel de prêt, donc pas super-fiable non plus).

    Les chapiteaux était une bonne idée, vu la météo humide qui nous a valu quelques épisodes pluvieux; quelle idée de faire des concerts en plein air en août, aussi!

    Prévu pour commencer vers 16 h, les concerts n’ont débuté que trois quarts d’heure plus tard pour cause de problèmes techniques (le matériel de prêt, c’est pas cher, mais c’est capricieux). C’est Witch Of Voodoo qui ouvre le bal, avec un hard-rock sudiste, qui ne serait pas follement original s’il n’incorporait des éléments psychédéliques. Cela donne quelque chose de puissant, carré et bien foutu; le clavier est un fan de rock progressif et ça se sent. Dommage que le son, dans l’ensemble plutôt correct, n’ait pas mieux rendu son instrument.

    Djizoes: monte sur scène 18 h et prouve immédiatement qu’on n’a pas besoin d’être douze sur scène pour faire dans le puissant. Le groupe est un power-trio, qui fait du power-métal et, malgré un chanteur malade, balance un set de près d’une heure quand même. Les morceaux viennent principalement du dernier album, Ichi Ten Dai, avec un ou deux extraits du précédent album In The Papers: « Culbutos », « The Machine », « The Cat Island War Dogs Reception And Training Resort » et surtout « The World Is Undersized », mon préféré du lot.

    Bon, il y a le côté réjouissant de voir enfin ce groupe que j’aime bien en vrai live, et surtout de pouvoir ensuite leur serrer la poigne et discuter cinq minutes, mais un peu de déception aussi car les conditions ne sont pas vraiment idéales et le public (une centaine de personnes en poussant) pas super-bouillant non plus. Faudra voir ce que ça donne dans une vraie salle, un de ces quatre. Alors revenez-nous vite, les Djizoes:, pour une fois que les Genevois peuvent se vanter d’avoir un vrai bon groupe!

    Donc, merci les gars, à la prochaine – et désolé pour Ironoya, Sedative et Mumakil, qui passaient en suite, mais j’étais attendu ailleurs. Pour ceux que ça intéresse, mes photos sont en ligne sur Flickr, toujours sous licence Creative Commons.

    Contenu publié originellement sur Blog à part, sous licence Attribution 3.0 Unported.