Ven. 4 jui. – Solidays
[Report écrit pour le webzine "Faut qu'ça Bourges"]
1er jour
C’est à l’aube (environs 10 heure du matin) que la troupe de Berruyers se retrouve sur le parking désert du Pat à Pain de Bourges. Depuis mon réveil, j’ai dans la tête le refrain obsédant de la chansons « Bonne Humeur » de la Chanson du Dimanche, qui joue le dimanche justement aux Solidays. Je parvient avec une grande facilité à l’introduire dans la tête de tous, et ça sera notre hymne durant toute la durée du festival, retour compris : « t’as pas perdu ta bonne humeur meur meur…toujours le rois des déconneurs neurs neurs… ». Au son de ces quelques paroles, c’est après une bonne demi heure d’arrachage de cheveux pour réussir à faire rentrer les affaires des 8 festivaliers dans deux voitures dont une Twingo, que nous prenons enfin la direction de Paris, « la plus belle ville du monde ».
Après trois heures de route poussive et une bonne heure pour trouver le coin de camping gratuit que nous a indiqué HL, nous arrivons enfin à destination, à quelques centaines de mètres de l’hippodrome de Longchamp. Sous un grand soleil, nous sommes les premiers en ce début d’après midi à déployer nos tentes dans ce petit coin de verdure. Et pour cause, a peine le temps de s’installer, de manger un peu de d’ouvrir une bière qu’un aimable Gardien de la Paix vient nous signaler que, contrairement à l’an passé, cet endroit ne tolère plus le camping sauvage. Nous rétorquons qu’il faut bien que nous logeons quelques pars, puisque le camping du festival est complet depuis quelques semaines déjà. Qu’a cela ne tienne, tout à été prévus : un endroit tout prêt de l’entrée du festival est à disposition des festivaliers durant le week end, et gratuit qui plus est ! Nous sommes tout de même dubitatif de cette solution miracle et surtout peu enclin à faire le trajet après tout la route qui nous a bien fatigué. On reste donc sur place, rangeant simplement les tentes, et optons d’attendre le soir, après les concerts, pour voir si nous pourrions tout de même rester ici prés de nos voitures ou bien aller camper à l’endroit indiqué.
En arrivant vers 16 heures à l’entrée du festival, il y a déjà une foule énorme. On s’y engage et c’est parti pour une heure d’attente où nous allons regretter de loin les sonorités du groupe
Xavier Rudd, sorte de pop-tribal éléctro qui sonne très bien d’où nous sommes. Munis enfin des précieux bracelets en échange de notre place, nous pénétrons dans le premier sas où une autre file d’attente, plus courte heureusement, nous attend pour la fouille des sacs. Fouille très très superficiel qui nous aurait permis de rentré un litron de rouge sans problème ! On se dirige vers la scène où la chanteuse hip-hop / pop
Nnekaen est déjà à la moitié de son set. On se retrouve sur le côté de la scène, ce qui nous a obligé à passer devant les toilettes dont la file d’attente n’a rien à envier à celle de l’entrée : les filles sont ravies à la perspective d’attendre une heure avant d’avoir accès aux urinoirs. Qu’il est bon d’être un homme parfois.
Nneka sera une très bonne entrée en matière, avec un hip hop pas du tout agressif ponctué de sonorités africaines plus festives. Un savant mélange pour une musique rafraîchissante. Il y a déjà beaucoup de monde sous le chapiteau de cette scène (il y en a 5 en tout, celle-ci étant la troisième plus importante), mais l’ambiance n’est pas survoltée, ça me change de Garorock, festival de fréquentation à peu près similaire.
Nous n’attendons pas la fin de Nneka car nous nous dirigeons un peu en avance vers la scène Bagatelle qui se trouve à l’extrémité du site, où
Dub Incorporationva jouer. Il faut un peu plus de 5 minutes de marche pour arriver devant cette très grande scène, qui n’est pourtant que la deuxième plus importante du festival. Je ne suis pas trop mal placé, à une vingtaine de rang de la scène et en plein milieu. J’appréhende un peu ce concert car la dernière fois que j’ai vu ce groupe que j’apprécie beaucoup, c’était au printemps de Bourges et leur prestation m’avait laissé sur ma faim
Heureusement cette fois ci
Dub Incorporation va savoir mettre l’ambiance en cette fin d’après midi. Le public, très réceptif mais pas violent (contrairement au printemps de Bourges), va vite entrer dans le jeu. Pour commencer, le groupe va jouer quelques uns de ses anciens morceaux de l’album Diversité notamment. On aura donc le plaisir de reprendre en cœur, en bon fan boys que nous sommes avec HL, les paroles de « Rudeboy », « Murderer » ou « My freestyle ». Petit regret, ils ne feront pas « l’échiquier » qui est l’une de mes chansons préférées d’eux. Après ces quelques morceaux, l’un des chanteurs va annoncer qu’ils vont jouer des morceaux de leur nouvel album, « Afrikya », dont la tournée vient de commencer il y a très peu de temps (à Clermont Ferrand pour être exact). Et, bonne confirmation, du CD, elles rendent particulièrement bien sur scène ! J’apprécierais notamment « Jump Up » très efficace et qui va nous trotter dans la tête une bonne partie du week-end (mais tout de même moins que La Bonne Humeur !). Beaucoup d’autres de leur dernier album seront faites, comme « Métissage » précédée d’un petit discours sur la tolérance qui fait bien. Je ne connais pas suffisamment ce dernier album pour les avoir toutes identifiées, mais si je pars du fait que celle que je ne connaissais pas ou peu sont du dernier album, elles sont vraiment réussies en live ! Un très bon concert qui m’a permis d’améliorer mon image de ce groupe sur scène. A aller voir si vous apprécier leur musique, sans hésitation !
Le dernier concert de la journée sera sur la grande scène Paris qui est munie d’un écran géant bien utile étant donné de la foule qu’elle accueille. Ici, c’est
Patrice qui va faire son concert. Je ne connais que peu cet artiste, il fait un mélange de reggae acoustique qui se rapproche parfois de mélodie plus lente et pop comme celles de Tracy Chapman. Les instruments sont réduits, et c’est de sa guitare acoustique accompagnée d’un batteur que la majeure partie de ses mélodies se construisent. Au début, le tempo est vraiment lent et comme il chante en anglais, je n’ai pas le loisir d’apprécier ses textes à sa juste valeur. Je commence à avoir peur de m’ennuyer un peu à ce concert, malgré le charisme indéniable de Patrice qui nous gratifie d’un sourire sincèrement heureux d’être en contact avec son public, et des yeux brillant de joie. Mais après deux ou trois morceaux dans ce style, Patrice prend la parole dans un français hésitant à l’accent marqué (effort qui ne manque pas de séduire le public là aussi), pour nous expliquer qu’il existe deux personne en lui, une assez calme et l’autre plus excentrique. La preuve en image et en son s’ensuit : le rythme s’est soudain accéléré et il opère des variations de voix vraiment étonnante, qui pourrait prêter à rire si l’on était pas aussi impressionné. Après ce passage, le concert va prendre un tout autre aspect, bien plus festif. Parfois, il adapte certaines de ses chansons en live d’une manière qui me rappel celle de Manu Chao : le début se fait sur un rythme simple au tempo lent, et au faire et à mesure le tempo s’accélère pour atteindre son paroxysme sur la fin de la chanson, à une telle vitesse qu’il est impossible de suivre le rythme. Ce procédé de montée en puissance est très utilisé par Manu Chao (tout ceux qui l’auront déjà vu en live pourront le confirmer), et Patrice sait aussi l’utiliser de tant à autre avec succès lui aussi. Il invitera également sa femme à venir chanter sur scène, et malgré que cette dernière ait une extinction de voix, elle fera des efforts louables pour nous faire profiter de sa présence.
Comme c’est le dernier concert de la journée avant la soirée élèctro, il y a un battement d’une demi heure entre la fin de ce concert et le début des concerts éléctro (le temps de laisser entrer les spectateurs qui n’ont des places que pour cette fin de soirée). Après une bonne heure de concert, Patrice s’en va sous un tonnerre d’applaudissement. Le public est réellement conquis, et moi aussi d’ailleurs. Après un passage éclair de l’un des organisateurs des Solidays qui viendra faire un speech ainsi à la fin de chaque journée, Patrice revient contre toute attente (ce n’est pas de coutume de faire des rappels dans ce genre de gros festival où chaque spectacle est minuté). Et c’est repartit pour un bon quart d’heure d’extra. Avant de partir pour de bon cette fois, Patrice, les yeux plus heureux que jamais, nous avoue qu’il a particulièrement apprécié ce concert, qu’il a ressentit quelque chose de particulièrement fort avec le public. Et tout le public est bien d’accord avec lui, malgré la foule (je dirais environs 7000 personnes, peut être plus) Patrice à réussit à instauré une réelle connivence, et cet instant fut assez magique. Ce fut pour moi la meilleur découverte live de ce festival. Peut être pas le meilleur concert, mais certainement le plus émouvant.
Très fatigué par la journée que l’on vient de passer, et n’étant pas énormément tenté par ce que nous entendons de
Vitalic, nous décidons finalement de rentrés aux voitures. Sur le chemins ont croisent quelques tentes à l’endroit où nous avions été exclut l’après midi, mais dans le doute nous préférons nous installer à l’endroit que le policier nous avait indiquer. Un bon quart d’heure de marche chargé comme des mulets plus tard, nous plantons nos tentes pour une bonne nuit bien méritée !
2ème jour
A 8h30, un sirène annonçant indubitablement la fin du monde résonne entre toute les tentes du camping sauvage/toléré. Elle se rapproche de nous pour venir se coller à nos toiles de tente. Une personne crie : « hé debout j’veux du mouvement dans les tentes ». Après deux trois insultes berruyères bien sentie, le bénévoles chargé de vérifier si personne n’est mort s’en va en riant.
C’est à 11 heure, frais comme un gardon (j’ai rarement aussi bien dormis en festival !) que j’émerge. Malheureusement, le ciel à profiter de notre sommeil pour se couvrir sérieusement. Vers midi, on se motive pour retourner aux voitures afin d’aller chercher le reste de nos affaires, principalement de quoi manger et boire. Malheureusement nous n’avons pas fait dix mètres qu’une averse que Noé n’aurait pas à nous envier nous surprend. Innocents, personne n’a de parapluie ou même d’imperméable. On se précipite donc vite sous un arbre histoire d’être certains de mourir foudroyé si un éclair tombait dans le coin. Le souci c’est que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée et les dessous des arbres sont légèrement surpeuplés. Mon grand sac Décathlon que j’avais emmené pour le remplir de vivre à la voiture me servira alors à me couvrir bien efficacement de la pluie. Je ressemble à un escargot publicitaire mais qu’a cela ne tienne, je suis a peu près au sec au moins. On avance d’arbre en arbre au fil des relatives accalmies de pluie et parvenons enfin à la voiture. Nous emmenons un maximum d’affaire, dont une bâche qui nous servira d’abris pour le chemin du retour : quatre personnes la tenant aux coins, et les autre marchant dessous. C’est précaire, vétuste et ridicule, mais ça marche plus ou moins. Quand on rentre enfin à notre campement, le soleil commence à reprendre ses droits, et le reste de l’après midi sera ensoleillée, nous permettant même de batifoler en jouant au freesbee.
En début d’après midi, des renforts arrivent en la présence d’une nouvelle Berruyère : Povrette. C’est vers 17 heure que je vais me diriger vers les concerts (certains sont partis dès 15 heure pour (ne pas) voir Cali). La file d’attente est bien moindre cette fois çi puisque nous avons déjà nos bracelets. On arrive Pour voir le début de
Kery James. Du hip hop français qui se rapproche du slam, avec des textes à vous arracher des frissons. On ne peut malheureusement s’attarder trop longtemps et on se dirige vers la scène Paris pour voir
Beat Assaillant. Là encore, du hip hop, mais ce coup çi très percutant et festif, avec des cuivre bien comme on les aime. Cette journée de concert commence bien. Je lâche mes amies peu favorables au rock british et me dirige seul vers la scène bagatelle pour voir le groupe
The Subways. Beaucoup de jeunes groupies, amis ça ne me dérange plus depuis que j’ai vu BB brunes en concert. En plus, on voit mieux que quand c’est des grands métaleux devant sois. Le son est un poil trop fort, je plains ceux qui sont tout devant. Je n’imaginais pas les musiciens comme ça, notamment la bassiste qui est ma foie très agréable ! Le groupe va faire beaucoup de leur album le plus populaire, « Young For Eternity ». Dans l’ensemble, le concert sera efficace mais trop similaire au CD j’ai trouvé. Le groupe sait faire son show, le chanteur appréciant la grimpette le long des enceintes de la scène. Je suis content de les avoir vu, bien que ce concert ne va pas me laisser un souvenir impérissable.Je me dirige ensuite seul cette fois-çi vers le chapiteau, passant volontairement devant la grande scène où
Hocus Pocus vont commencer leur spectacle pour aller vers la grand chapiteau où joue
DeVotchKa. C’est un groupe que je ne connais pas du tout mais qui est caractérisé comme étant du swing Tzigane. Malheureusement, leur musique est assez molassone et je n’accroche pas du tout, ma référence dans ce style restera donc le petit groupe « Tram des Balkans » ! Je vais voir Hocus Pocus mais, décidemment, je n’arrive pas à me mettre dans le concert et préfère m’assoie derrière la régie, en donnant rendez vous à mes comparses par texto (il est impossible d’appeler ou presque lors des Solidays : le réseau est constamment surchargé). Le concert se passe tranquillement, ce que j’entends ne me transcende pas particulièrement mais face à l’enthousiasme que créer ce concert chez tout ceux qui l’ont vu, je pense que j’ai dû rater quelques chose quelques pars ! Bref, à la fin du concert personne ne me rejoint, le message n’a pas dû arriver à destination. C’est donc toujours seul que je vais à la scène Bagatelle pour assister au tant attendu
MC Solaar. Mais sur le chemin je croise HL et son pote Gab’, qui retourne au camping pour faire l’apéro. Je suis tirailler entre deux choix : voir Mc Sollaar au risque de passer le reste de la soirée tout seul ou bien rater le concert mais rester en bonne compagnie. Je choisis finalement la seconde solution, pas de Mc Solaar pour moi !
Lorsque nous retournons dans l’enceinte du festival, c’est pour arriver un peu avant le début d’
Asian Dub Fondation qui joue sur la grande scène. Il y a beaucoup de monde mais nous ne sommes pas trop mal placés. C’est mon troisième concert de ce groupe et les deux fois précédentes j’ai été assez déçu par leur set, non pas qu’il soit mauvais, mais en deçà de mes attentes. Mais ce coup ci leur set à changer, probablement dû à un prochain nouvel album (à moins qu’il ne soit déjà sortit et que je sois pas au courant). Le groupe m’a vraiment fait plaisir avec ces nouvelles compos qui se rapproche de leurs premiers albums tel que « facts and Fictions » ou encore « Rafi », avec ces sonorités si… asiatique quoi ! Un mélange de jungle et de break élèctro exotique tout ce qu’il y a de plus originale et jouissif, bien loin des sonorités plus classiques de l’album « Tank ». Et bien, en live, c’est un vrai bonheur pour les oreilles. Le public est conquis, la preuve en est d’un texto que je reçois pendant le concert de ce cher fenwick : « Asian c’est magique ». Tout est dit, ils savent nous plonger dans un univers totalement différent : adieu Paris, adieu la foule, j’suis en plein Vietnam ! Enfin jusqu'à ce qu’un slammeur me tombe sur le coin de la gueule, le troisième en 8 minutes. Oui car c’est à mon avis de loin le concert le plus violent du festival, et celui qui déchaînera le plus la foule. On aura même le droit à un pogo (le seul ?) sur « Fortress Europe », particulièrement grisant. Les quelques bons morceaux de Tank seront fait aussi, comme « Flyover » ou « Take Back The Power ». Mais beaucoup de nouveaux morceaux dans l’ensemble et ce nouveau set est vraiment énorme, j’ai hâte de les revoir et surtout d’écouter l’album qui va en sortir !
Après ce concert bien éprouvant, nous retournons au camping où j’en profite pour sympathiser avec les voisins. L’un d’entre eux me confie que sa copine est partie depuis trois heures avec le chanteur des The Subways. Je compatis à sa douleur et nous trinquons ensemble à l’inconstance féminine. Après une petite heure de pause amplement méritée, nous retournons encore une fois dans le festival pour le fameux « concert des dix ans ». Une pléiade de star se succède sur la grande scène. Heureusement que l’écran géant est là car il y a tellement de monde que je dois bien être à 200 mètres de la scène. Je n’ai pas trop fait attention aux personnalités qui passaient, la plupart n’éveillant que peu d’intérêt pour moi. Je me souviens juste de Renan Luce (dire que deux ans plus tôt je le voyais dans la petite salle du 22 d’aurons à moitié vide en première partie de Debout sur le Zinc), un Dj Zebra particulièrement doué qui nous sortait un mix habile entre chaque artiste, et bien sûr les très attendu
NTM qui nous ont gratifié de deux morceau et d’une présence surpuissante sur scène. De loin les plus efficace, ça donne envie de les voir en concert plus longuement !
Ensuite hop hop la soirée élèctro débute et c’est tout de suite le feu avec mes chouchou sous le grand chapiteau :
Dub Pistols. J’arrive vers le début, au moment où Rodney P (un grand black très impressionnant) débarque sur scène avec sa bouteille de champagne à moitié vide, pendouillant négligemment dans sa main gauche. Terry Hall, l’autre chanteur, un petit nerveux, est déjà là pour mettre l’ambiance et harcelé le public. Leur set sera le même qu’a Garorock et, je m’en rends compte maintenant, tout à fait différent que celui du printemps de Bourges : moins fidèle à leur album, le set est beaucoup plus orienté élèctro, sans toutefois délaissé leur hip hop tour à tour festif ou même carrément groovy. Le public, bien que réceptif et en plus grand nombre qu’a Garorock, restera tout de même plus sage, ce qui laisse toujours leur prestation à Garorock loin devant les deux autres. Un très bon concert toutefois dont je ressortis fatigué, et heureux d’avoir enfin pu montrer ce groupe en live à mes ami(e)s, depuis le temps que je les bassine avec ce groupe !
Après, c’est
DJ Missil qui prend la relève. A la lumière de certaines critiques que j’ai entendu à son égard, on se laisse mon facilement entré dans son set qui, effectivement, ne lui demande pas de grand talent de Dj. Toutefois on ne peut dénier un bon goût dans les morceaux choisis et une grande facilité de la demoiselle à motiver le public. Un show bien rodé, dont je me détache toutefois vers le milieu pour me reposer un peu et discuter avec fenwick qui nous a rejoint pour la première fois du festival ! Il en profite pour s’inviter dans la tente le soir même, le coquin.
A la fin de Missil, on change de chapiteau pour aller voir ma révélation du festival Aucard de Tours :
Beat Torrent. Deux Djs particulièrement doués qui mix avec une fluidité déconcertante toute sorte de « tube » mythique, de tout les style, en passant par du bon vieux rock Nirvana à l’éléctro plus moderne comme Dj Shadow ou Daft Punk. Vers la fin du concert, particulièrement éprouvant où la poussière ambiante que soulève la foule me force à quitter la fosse, Hl se me glissent : « si ça se trouve, c’est les Daft Punk et on le sait même pas ». L’hypothèse avait déjà été lancée à Aucard de Tours, j’en glisse un mot un Fenwick est un débat fébrile s’engage entre nous pour savoir si oui ou non c’est bien eux, si on a percer leur mystérieuse identité. Avec quelques souvenirs d’avatar de Mr Nobody Somebody et beaucoup de suppositions, la possibilité que cette hypothèse soit vraie semble se préciser. Toutefois le doute reste entier, et c’est la tête pleine d’interrogations que nous rentrons au campement.
3ème jour
Le soleil a pleinement repris ses droits pour ce beau dimanche. Le réveil se fait bien évidemment en chantant la « Bonne Humeur », que nous allons voir en début d’aprem. Au milieu de mes deux conquêtes de la nuit, à savoir Fenwick et HL qui ont honteusement profité de mon matelas gonflable, je savoure avec déjà une certaine nostalgie le début de se dernier jour. Le bonheur sera de courte durée lorsque, pour le repas de midi, la casserole d’eau bouillante destinée aux pâtes Chinoises se renverse délicatement sur mon pied. Alors que je suis entrain de sautiller en poussant des cris étranges, Povrette sors de sa trousse magique un tube de crème contre les brûlures mineures qui me sauvera d’une amputation certaine.
Vers 15 heure nous nous en allons frétillant d’émotion vers le grand chapiteau pour voir nos idoles, nos muses, nos dieux vivant :
La Chanson du Dimanche. On arrive à se glisser sur le côté de la foule pour pouvoir distinguer leurs deux têtes de cons. C’est dommage, le son n’est pas super bien réglé et du coup si on ne connaît pas, on ne comprend pas bien toutes les paroles. Ceci dit qu’elle bonheur quand ils entament « la bonne humeur ». Nous chantons à nous en écorcher les poumons. Bref un concert sympa, frais et drôle qui fait commencer cette journée d’une manière très agréable.
On se dirige ensuite vers la scène Bagatelle pour voir le concert de
Java. Il y a beaucoup moins de monde que le samedi sur le festival, et du coup nous réussissons à être assez bien placé tout en ayant encore beaucoup de place pour danser et se mouvoir à notre guise. Le soleil commence à taper à cette heure là, nous quittons les chaussures et les tee-shirts (pour les hommes les vrais uniquement !), et c’est parti pour Java ! Leur « rap-musette » comme ils le définissent eux même nous donne envie de valser dans tout les sens. Tout leurs classiques y passeront : bien entendu « Sex accordéons et alcool », mais aussi « pépettes », « Dieu », « Le poil », « Ce s’ra tout ? », etc…*
Un concert tout à fait différent de ce que j’ai l’habitude d’aller voir. Je n’arrive pas à trouver d’autre adjectif que : joyeux. Ce fut un concert particulièrement et simplement joyeux, dont on ressort avec un bon grand sourire, et des pieds nus qui ont envie de caresser la pelouse toute leur vie. C’est d’ailleurs ainsi que je passerais le reste de la journée. On se dirige vers la scène Paris pour les
cow boy fringuants. Ce groupe qui vient directement de chez nos amis Québécois n’essaye pas du tout de cacher son accent son… exotique, que ça soit dans leurs chansons ou dans leurs dialogue avec le public ! Là encore, de bonne conditions dans le public : sans être particulièrement loin de la scène, nous avons beaucoup de place et on ne se sent pas le moins du monde oppresser par la masse, c’est très agréable. Le groupe à une bonne présence sur scène, notamment grâce à la violoniste (dont tout le charme s’écroule lorsque Poussin me révèle à distance son prénom : Marie-Annick ). Leur musique, bien festive, promet un concert sûrement assez éprouvant si on le vit à fond dans la fosse. Pour ma pars je l’ai apprécier de loin, sans m’impliquer outre mesure. C’est d’ailleurs dans cette état d’esprit de joyeuse mais distante contemplation que je profiterais de chaque concert.
Je m’autorise même à une petite sieste lors du passage de
Psy 4 de la Rime sur la scène bagatelle. Leur hip hop ne ‘m’interpelle pas plus que ça, j’ai juste un mouvement de tête involontaire lorsqu’il font la reprise de « Art de rue ». Souvenir souvenir…
On continue dans le hip hop avec les très attendu
IAM sur la grande scène. Là la foule est déjà plus présente, je verrais donc le concert principalement sur l’écran géant. Je n’en garde pas un souvenir énorme, malgré une bonne présence scénique on sent bien que le groupe ne se donne pas à fond. On apprécie toutefois quelques morceaux mythiques de « l’école du micro d’argent », mais je ne peux m’empêcher de sourire sur certaines de leurs paroles (« coupe coupe le gateauuuu ! »…).
Retour sur la scène Bagatelle où là encore un groupe mythique de pars son histoire va se produire :
Toots and The Maytals. Ce très vieux groupe de reggae teinté de ska va quand à lui savoir faire preuve d’un sens de la scène et de la fait irréprochable. Une très grosse ambiance dans le public sur ces sonorités ska très old school, teinté de reggae et parfois même d’une pointe de Gospel qui font décoller toute la foule en rythme, faisant trembler le sol.
Ambiance plus posée pour le dernier concert du festival sur la scène Paris :
Tiken Jah Fakoly. Dès qu’il arrive sur la scène, le grand écran ne le rate pas : se yeux rouges trahissent son état, ce bon vieux Tiken à abusé de l’herbe magique et a du mal à tenir correctement sur ses jambes. C’est le regard apathique et lointain qu’il va faire l’intégralité de son concert, heureusement suffisamment rodé pour qu’il puisse compter sur ses automatismes. Du coup, un concert assez moyen qui manquait d’une réelle implication. C’est rare de dire ça, mais sa prestation au Phénix du printemps de Bourges était bien meilleure.
A la fin du concert, l’un des organisateurs prend la parole alors qu’une bonne partie du public s’en va déjà. Il fait monter sur la scène tout les bénévoles du festival. Après un petit speech, il invite le 1000ème festivalier de cette 10ème édition sur la scène où il lui remet une guitare électrique de marque. Puis, au moment de partir, il lance la musique « I Will Survive » et tout les bénévoles se mettent à danser dans tout les sens sur la grande scène. Après un instant d’hésitation, tout le public encore présent fait de même et cours dans tout les sens devant la scène qui, délaissé d’un tiers de ses spectateurs, offre beaucoup de place pour ceux qui sont restés. C’est la liesse, tout le monde danse n’importe comme ! On est heureux ! C’est trop bien ! On a gagné la coupe du monde ! Et un, et deux et trois zéro ! hum… pardon…
Après ce moment d’euphorie collective qui résume bien l’ambiance générale de ce festival, nous réalisons enfin que les Solidays, c’est fini… pour cette année !