1 - PILLS
Composé initialement pour un side-projet avec Maria, le morceau
d’ouverture, que Darius présenta à Dave Pen lors de son séjour à
Southampton, le séduisit immédiatement, si bien qu’il insista pour en
coécrire le texte avec elle, avant que Pollard ne veuille aussi y
participer. Sa séquence rythmique brutale très électro, adoucie par
leurs voix aériennes, sera ainsi le théâtre d’une grande première, car
les trois chanteurs ne s’étaient encore jamais retrouvés ensemble en
studio sur un album d’Archive.
2 - LINES
Dernière chanson écrite pour cet album, ce titre complètement fou,
unique et inhabituel, rassemble une nouvelle fois tout le collectif
dans une grande messe musicale inquiétante, comme un clin d’œil
cinématographique à 2001 L’odyssée de l’espace et à la scène finale de
Scarface. Entre les couplets sauvages du rappeur Rosco John, les
lignes vocales tracées par chacun traduisent un ordre établi rythmé
par un beat lourd mais éclaté par des saturations de guitare et une
basse chaotique, que leurs chœurs pop harmonieux viennent apaiser à
chaque refrain au son de grandes orgues sidérales.
3 - THE EMPTY BOTTLE
La chanson la plus longue de l’album, mais aussi le premier single à
extraire dans sa version remaniée en trois minutes, fut composée bien
avant les premières sessions d’enregistrement de Controlling Crowds
alors que le groupe se trouvait en tournée. Trop sentimentale pour
Archive, avec sa douce introduction de notes de piano électrique, trop
lumineuse pour Dave, le chanteur le plus sombre du collectif, cette
splendide mélodie va cependant lui fournir à sa demande l’un de ses
plus beaux textes venus instinctivement du fond de son cœur après sa
terrible séparation. L’amour, exposé moins directement que dans un
disque de soul derrière des machines et certaines prises orchestrales
du premier opus, en nourrit toute l’émotion.
4 - REMOVE
L’une des plus belles participations de Pollard au sein de Archive,
l’une des plus abouties vocalement aussi, cette chanson apparemment si
calme avec ses nappes d’orgues analogiques traduit religieusement son
mécontentement face au monde. Enregistrée chez lui en quelques heures
à peine, sa voix témoigne d’une sensibilité presque soul sur cette
magnifique ballade, seulement rythmée par un beat sourd qui se laisse
oublier soigneusement.
5 - COME ON GET HIGH
L’enchaînement est parfait avec ce morceau pourtant composé voilà deux
ans et qui fut l’objet de plusieurs versions avant de prendre
finalement sa place sur la quatrième partie de Controlling Crowds,
alors qu’il avait été prévu de l’intégrer à la première. La mélodie
répétitive jouée aux claviers prend tout son sens grâce à la voix
claire et limpide de Pollard, maître d’œuvre de sa métamorphose tant
il atteint des sommets et remplit l’espace au son du Mellotron. Dans
une veine expérimentale typique de Archive, cette ballade au texte
signé par Darius et Dan est comme une échappatoire qui aurait pu ne
jamais connaître de fin.
6 - THOUGHT CONDITIONING
Composé pendant l’enregistrement de l’album Londonium, ce morceau
ressurgit treize ans plus tard réarrangé dans une version très
différente avec Rosco au chant, tant il reflète génialement avec son
texte le thème profond de Controlling Crowds. Bien qu’elle ait surpris
le producteur Graham Preskett, la vibration old school apportée par le
beat, les claviers et le rappeur en réchauffe l’atmosphère au-delà
d’une tension palpable.
7 - THE FEELING OF LOSING EVERYTHING
Ce titre démarre la trilogie de chansons écrites par Dave quand il
allait très mal et aurait très bien pu apparaître sur l’album
précédent. Le texte très sombre entre désolation, solitude et
impuissance, s’appuie sur une mélodie de piano et le timbre fragile de
son interprète avant d’emporter le trouble de ses sentiments vers des
cieux synthétiques.
8 - BLOOD IN NUMBERS
Une vieille boîte à rythmes analogique, rejointe par une vraie
batterie, une guitare et une basse Epiphone semi-acoustique propulsent
Dave vers la fin de son histoire, tout comme le monde vers la
désolation, avec un lyrisme proche de Jim Morrison. Tout le potentiel
de sa voix s’exprime pleinement avec sa trentaine, tant il a progressé
ces dernières années. Ses accents psychédéliques et la rythmique
hypnotique, ponctuée de ruptures synthétiques, donnent à ce titre
extatique l’effet d’une petite mort.
9 - TO THE END
Comme à la fin du film Cabaret, il faut imaginer un instant poignant,
mais plein d’espoir, comme l’a vu Darius lorsqu’il a proposé son thème
musical à Dave. Une fin de soirée dans un pub, un homme perdu,
d’autres hommes autour d’un piano… Le texte de cette scène, réécrit en
quelques minutes par Dave, lui permet de se libérer du poids de sa
déception et de croire à nouveau en l’amour. En quelques accords,
d’une voix chargée d’émotion qu’il double avec un chœur de toute
beauté, le voilà à l’aube de nouveaux sentiments et de nouvelles
images pour voir le monde sous un nouveau jour.
10 - PICTURES
La vie reprend en images animées au son de la voix de Pollard dans le
ballet électronique d’un bal victorien des temps modernes où deux
personnes amoureuses enlacées dansent et tournoient, prêtes à
s’envoler vers de nouveaux horizons. Les cordes et les nappes
synthétiques soulignent ensemble la douce et lumineuse romance du
texte de son interprète qui contraste avec le beat rapide destiné à
pousser dans un élan dynamique les protagonistes de Controlling Crowds
Part IV vers un dernier morceau.
11 - LUNAR BENDER
Comme une parabole en très peu de mots, la mélodie climatique et la
voix douce de Pollard délivrent dans cette ultime chanson un sentiment
salutaire de plénitude, en écho au titre Clones, proposé dans le
second chapitre de Controlling Crowds. Orchestré principalement par la
basse, une guitare, un Moog et quelques effets, ce morceau brillant,
calme et langoureux est le plus court de l’album et en signe la fin
parce qu’il n’y aura plus d’autres parties.
<3
ArchiveControlling Crowds Part IV