Jeu 16 jui. – Dour Festival
Ce fut mon premier festival à Dour et j'ai eu la chance d'y assister du début à la fin !
Le nombre de concerts était conséquent et les groupes de qualité, les genre variés.
Tout d'abord, l'organisation.
Le festival de Dour m'a particulièrement marqué pour l'abondance de ses bénévoles et agents de sécurité (stewards). Leur maillot jaune était visible partout, que ce soit sur le camping, sur le festival et même sur le parking. D'après ce que j'ai vu le parking s'articulait autour de deux zones, et si on avait la malchance de se trouver au fond d'un des deux, on pouvait déjà commencer à marcher entre 5 et 10 minutes pour arriver au premier stand de tickets.
Le premier jour, on échange son billet contre un bracelet en tissu, donnant l'accès au camping (15€ tout de même !) et au festival, pour donc une place à 100€ les 4 jours avec camping. Ce dernier s'étalait sur trois zones si je ne me trompe pas, toutes accolées mais séparées par des grilles et disposant d'entrées différentes, empêchant les festivaliers de parcourir tous les campings une fois les concerts terminés, tout en chantant leur hymne favori du hellfest (libérez l'apéro !). Ingénieux mais chiant, j'ai trouvé l'ambiance du camping médiocre, tout du moins là où je me trouvais. De plus l'accès au dernier camping demandait encore pas mal de marche, difficile après 4 jours de festival dans les pattes. Chaque camping avait ses toilettes et son bar.
Que ce soit sur le camping ou sur le festival, l'achat de boissons et repas passait par l'échange de ticket. On vendait les tickets repas par 10, à 10€, et les tickets boisson par 10 également, mais à 20€. Un repas coutait entre 3 (un cornet de frites) et 7 tickets (une grosse barquette remplie de plein de trucs), tandis que les boissons coutaient à peu près toutes 1 ticket (soit 2€) : cher le café, pas trop chère la bière.
Les repas étaient variés, et j'ai été étonné et ravi de voir un si grand nombre de stands végétariens, proposant tantôt une assiette indienne (riz ou pâtes épicées accompagné de pois et légumes), tantôt un wok bien garni... Les éternels sandwich étaient également là mais plutôt chers d'après ce que j'ai vu.
Gros reproche que je fais à ce festival : les toilettes. Alors que les toilettes sèches se développent énormément en festival, très hygiéniques, responsables et je pense économiques, elles étaient ici remplacées par des toilettes dites chimiques (tout simplement des gros réservoirs à merde). Très désagréables, ces toilettes sont sales, sentent très fort, sont extrêmement désagréables à pénétrer, et sont vidées une à deux fois par jour par un camion qui vient pomper tout leur contenu. Vraiment désagréable, les toilettes sèches sont écologiques, économiques, rigolotes (elles sont en général animées par des bénévoles dans une bonne humeur générale : faire caca n'aura jamais été aussi sympa !), et surtout ne sentent pas et sont bien plus hygiéniques.
Le festival s'articulait autour de 5 scènes, dont deux en plein air si je me souviens bien. Le son était toujours bon et la taille des aires dédiées au spectateurs adaptées. Au milieu des stands de nourriture et de boisson, on trouvait également des stands de sponsors, proposant des petits jeux (débiles) permettant de gagner des lots aux couleurs du sponsor (un chapeau en paille, un poncho imperméable...). Ces stands étaient surtout animés par des hôtesses en tenue sexy, afriolant les festivaliers saouls (et les autres).
Les concerts :
Comme dit précédemment, les genres étaient variés, hip-hop, rock, musique électronique étaient de la partie. On trouvait du rap français (Médine, Kerry James, IAM), du hip-hop old school (5 elements of hip-hop et le plus éléctronique Chinese Man), beaucoup de djing (Drum&Bass, Acid, House aussi j'imagine...), de l'electro punk, du punk hardcore, du metal, et plein de groupes plus "pop".
J'ai particulièrement pris mon pied sur certains groupes :
Le premier jour, la Drum&Bass a occupé l'une des scènes de l'après-midi jusqu'à l'aube, pour le plus grand plaisir de mes oreilles et du reste de mon corps. Le HxC old school a brillé les jours suivants avec les show de Murphy's Law et de Cro Mags qui ont montré l'étendue de leur énergie (toujours aussi vivace) et de leur talent. Chinese Man a mis le feu avec son son à la base de hip-hop old school et d'électro efficace. J'ai pris une seconde fois un pied fou avec Kap Bambino et j'ai été étonné par la performance live énormissime de Crystal Castles. Que ce soit Khima France de Kap Bambino ou Alice (c'est bien ça ?) de Crystal Castles, les deux punk n'ont pas hésité à embrasser la foule, à suer et à hurler. Si Caroline (Khima France) sautait comme à son habitude partout, Alice était plus posée, plus défoncée surtout.
J'ai découvert de jeunes groupes vraiment géniaux comme The Death Set qui a posé son électro-rock de la meilleure façon qui soit, enflammant littéralement son public. J'ai aussi découvert de plus anciens groupes comme An Albatross, livrant un noise rock des plus fun.
J'oublie certainement beaucoup de groupes que j'ai apprécié, mais j'aimerais maintenant m'attarder sur la claque attendue et confirmée que fut Aphex Twin + The Hecker. Le public était entouré d'enceinte, sur la scène mais aussi derrière les spectateurs, proposant une expérience surround inédite pour moi. Aphex Twin et son invité étaient cachés derrière leur platine et un grand écran devant elle. Derrière eux un autre écran diffusait les mêmes images que celui devant la platine. Le début du show fut plutôt en décalage avec la musique de R.D.J., et sembla décevoir les fans, dont moi. Mais ensuite le véritable show commença, une bonne demi-heure plus tard je pense.
Les images commencèrent à devenir plus psychédéliques et dures, mêlant visages déformés de Richard tournoyant, logos d'Aphex Twin par centaines volant, tournant, et changeant sans arrêt de couleurs, mais aussi images gores, pornographiques voir scatophiles. La musique devint en même temps celle qu'on connait, inédite mais proche du son d'AFX/Aphex Twin et par moment ses autres travaux, et se mélangeant parfois à des musiques cette fois bien plus connues (Comme to Daddy sur la toute fin). Le fameux clavier de Richard diffusait sa musique douce tandis que les boucles acid étaient de plus en plus trippantes. J'ai tout simplement vécu le trip de ma vie avec ce spectacle, aidé par quelques inhalations de détergeant. A l'arrêt de la musique, ce fut vraiment la joie d'avoir vécu ce show inoubliable mais aussi la tristesse que ça s'arrête. On n'a pas pu voir le visage d'Aphex Twin qui a juste montré ses mimines pour saluer la foule à la fin du show.
Pour conclure, le festival de Dour est l'un des plus réussis auxquels j'ai pu assister compte tenu de sa taille (plus de 30000 visiteurs chaque jour), grâce à une affiche complète et de qualité, sans têtes d'affiches "grand public" comme cela se fait dans beaucoup de gros festivals français. Malgré sa variété (les meilleures ambiances sont dans les festivals spécialisés je pense), l'ambiance était réussie, la plupart des gens sympathiques et ouverts, entre les belges francophones ou non, les allemands, les français... L'organisation est mature, le festival bien contrôlé. Il y avait pas mal de consommation de drogue, cannabis évidemment (on avait l'impression que TOUT le monde fumait), mais aussi des choses un peu plus choquantes (cocaïne qui semble faire un retour en force dans les fest'), mais tout cela semble s'être fait sans débordements. Il y avait d'ailleurs un stand prévention apparemment. J'ai regretté l'absence de toilettes sèches et surtout, surtout, l'attitude des festivaliers en terme de respect du site.
Gros coup de gueule en effet de ce coté là, le camping lundi à l'heure du départ était une véritable décharge, couverte d'emballages plastiques, papier, de bouteilles et de canettes vides. La faute à l'attitude totalement irresponsable de la grande majorité des festivaliers, qui estiment normal de ne pas eux même trier et jeter leurs déchets, et qui préfèrent laisser d'autres s'en charger, l'illustration concrète d'une mentalité que je croyais jusque là surtout française. On sème de la merde et on estime normal et naturel que d'autres la ramassent à votre place. Tout simplement pitoyable.
L'organisation aurait pu ajouter des conteneurs à déchets recyclables ou non dans tout le camping, mais même sans cela il est simple et rapide de mettre toutes ces ordures dans un sac plutôt que de les laisser trainer sur toute la surface qu'on occupait avec son campement.
Note très négative pour finir, mais je tenais à crier ma colère sur ce point.